Auteur
MERMIER Franck
Chercheur au CNRS (Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain-Laboratoire d’anthropologie urbaine), Franck Mermier a dirigé le Centre Français d’Etudes Yéménites à Sanaa (1991-1997) et le département des études contemporaines de l’Institut Français du Proche-Orient à Beyrouth (2005-2009). Ses recherches anthropologiques portent notamment sur les mondes de l’édition et de la culture ainsi que sur les sociétés urbaines du monde arabe. Parmi ses publications : Le Cheikh de la nuit. Sanaa, organisation des souks et société citadine (Actes Sud/Sindbad, 1997), Le Yémen contemporain (codirection, Karthala, 1999), Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe (direction, Maisonneuve et Larose, 2003), Le livre et la ville. Beyrouth et l’édition arabe (Arles, Actes Sud/Sindbad, 2005), Liban. Une guerre de 33 jours (codirection, La Découverte, 2007), Mémoires de guerres au Liban (1975-1990) (codirection, Actes Sud/Sindbad, 2010).
Les articles rédigés
Aden au temps de l'étoile rouge
Franck MERMIER
6 Avril 2010
La République démocratique et populaire du Yémen a été le seul régime se réclamant véritablement du marxisme dans le monde arabe. Durant sa courte existence, de 1967 à 1990, elle devint une base de l’influence soviétique dans la région et la capitale des mouvements de libération arabe, ceux de la Palestine et de la péninsule Arabique notamment, ainsi que des organisations communistes du Moyen-Orient. Sa capitale, Aden, que les Occidentaux associent plus spontanément au mythe Rimbaud ou à la figure de Nizan, l’auteur d’Aden-Arabie, avait ainsi abandonné son statut de zone franche pour devenir un laboratoire de l’expérience socialiste dans le pays le plus pauvre de la péninsule.
Yémen: une opposition plurielle
Franck MERMIER
25 Février 2011
En 2011, Ali Abdallah Saleh fêtera ses trente-trois ans à la tête de l’Etat yéménite. Depuis 1990, avec l’unification du Yémen, son pouvoir s’est étendu jusqu’aux provinces du Sud qui, après le départ des troupes britanniques en 1967, furent rassemblées dans une République démocratique et populaire du Yémen, gouvernée par un régime socialiste allié de l’URSS. La constitution de l’Unité, adoptée par référendum en 1991, stipulait le multipartisme, organisait un système électoral et le pluralisme de la presse. C’est ainsi qu’en contraste avec ses voisins le Yémen, seule république dans la péninsule Arabique, voyait fleurir une vie associative et politique riche de la diversité de ses particularités régionales, de ses différentes traditions historiques et de ses influences idéologiques allant du marxisme à l’islamisme, dans leurs nombreuses variantes.