En quelques lignes


23 Novembre 2009

Tout le projet mené par Transeuropéennes depuis le tournant des années 1990, dans la foulée de la chute du mur de Berlin, du siège de Sarajevo et de la première guerre du Golfe, jusqu’à aujourd’hui, est traversé par critique des clôtures identitaires et par la perspective qu'ouvre « traduire, entre les cultures ».

Novateur, ce projet l’est par la transposition du concept de traduction dans le champ politique et culturel ; il l’est également par l’unité de conception entre la revue de pensée critique Transeuropéennes qui publie entre 1993 et 2004, 20 numéros dont 5 bilingues français / anglais, et les deux programmes d’action montés dans les Balkans à partir de 1994 et dans la région euro-méditerranéenne, à partir de 1995. Pensée théorique et action ne sont pas dissociées et interagissent en permanence.

Entre 1993 et 2004, la revue Transeuropéennes publie près de trois cents auteurs venus de toute l’Europe, du monde arabe, de Russie, d’Inde, d’Afrique, des Etats-Unis. Elle fait durant cette période l'expérience concrète de la traduction depuis de nombreuses langues, s'appuyant sur des traducteurs reconnus pour leurs compétences. Les auteurs sont des penseurs, chercheurs en sciences humaines, artistes, écrivains, traducteurs, responsables politiques ou associatifs. Ils font de la revue à la fois un forum unique de la pensée « en Europe et au-delà », et un lieu où, de 1994 à 2005, germent les actions concrètes, dans les Balkans et en Méditerranée.

L’année 2002 est celle du numéro 22 de la revue, "Traduire, entre les cultures", qui fait référence. C’est aussi l’année de la « caravane » qui réunit les femmes militantes d’ex-Yougoslavie et d’Albanie durant quinze jours en mai 2002 pour la traduction concrète de leur engagement pour la paix. C’est également l’année du collectif Convergences Palestine/Israël, à Paris, au théâtre de la Villette, à Paris.

Dans la période intermédiaire (2004-2007), où le contexte géo-politique change (dégradation de la situation au Proche-Orient, impact du 11 septembre 2001 sur les politiques et les mentalités, guerre en Irak), Transeuropéennes choisit de prendre le temps de la réflexion et de se renouveler. Une équipe de recherche est créée au Collège international de philosophie sur les enjeux de traductions. Et la Maison de l’Europe de Paris constitue à partir de 2005 un lieu forum pour de nouvelles initiatives.

Transeuropéennes choisit de repositionner ses priorités en faveur de la Méditerranée. Le projet "Traduire en Méditerranée" y est initié fin 2005, avant d'être conforté ensuite dans le cadre des Ateliers culturels, puis des Etats généraux culturels méditerranéens de Marseille, en novembre 2008.

Dans le même temps, la revue Transeuropéennes prépare sa mue en tant que revue internationale de pensée critique, et elle est relancée à l'automne 2009 en version électronique, multimédias, en quatre langues : anglais, arabe, français et turc. Le ministère de la Culture et de la Communication et le Centre national du livre, ainsi que plusieurs partenaires privés, apportent leur soutien à ces nouveaux développements.